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| Avant de se lancer dans un projet |
| Le Bilan Personnel |
| L'Etude de Terrain |
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Tout projet de cohabitat comporte sa part de rêve. Avant de se lancer il est pourtant important d'avoir conscience des difficultés à venir et de s'y préparer : se situer prersonnellement, se familiariser avec l'environnement dans lequel s'inscrit le projet.
Habiter n’est pas se loger, enfin n’est pas que se loger.
Habiter,
- c’est un ensemble de relations :
- avec un espace, comment on l’occupe, s’y intègre et se l’approprie ou non, comment on le conforme ou s’y conforme,
- avec les autres, voisins proches et moins proches,
- c’est une expression, celle d’une culture collective, celle d’une culture personnelle,
- c’est un lieu physique bien sûr mais aussi symbolique que l’on façonne à son image où l’on se façonne...
Beaucoup plus que quatre murs et un toit. Et si le cohabitat et l’habitat groupé peuvent être envisagés comme des réponses à un besoin de logement, je crois qu’il est important d’avoir conscience que ce sont des réponses qui mobilisent toutes les dimensions de notre rapport à soi, aux autres et au monde et qui s’élaborent dans un temps le plus souvent long. A titre d’exemple le Village Vertical qui se présente comme l’un des projets d’habitat coopératif le plus avancé aujourd’hui en France est en projet depuis ... 7 ans. Certes le Village Vertical est un projet “complexe” (qui fait appel à de multiples partenaires institutionnels, dont la taille, 15 logements, nécessite un apport financier important, qui fait le choix d’une forme juridique qui pour l’heure n’existe pas...) et il est possible pour un groupe plus restreint qui en aurait les moyens et l’opportunité (foncière notamment) d’aller beaucoup plus vite, mais il ne faut pas négliger les difficultés inhérentes à tout projet de cohabitat.
une forte charge émotionnelle
Un projet de cohabitat met en jeu énormément de questions sensibles et chargées d’affects tant au niveau individuel que collectif : le rapport à la propriété, à l’argent, au pouvoir, le rapport à des autres qui n’ont pas nécessairement les mêmes motivations, intérêts, moyens ou besoins, nos capacités individuelles et collectives à coopérer effectivement (au-delà du discours consensuel sur la valeur supérieure de la coopération) et à surmonter les inévitables conflits en bonne intelligence (là encore au-delà du discours sur les vertus de la communication non-violente). En bref au-delà de nos volontés réelles d’en finir avec un individualisme dont il est facile de percevoir le caractère destructeur ce à quoi nous sommes réellement disposés à renoncer (ou à travailler) pour faire et vivre ensemble.
Personnellement et au fil de mes expériences, je n’en finis pas de constater à quel point ma participation à des groupes, pourtant encore informels, me confronte parfois violemment à mes propres contradictions, aux écarts qui peuvent exister entre mes aspirations et ma situation actuelle, certains de mes comportements. Ca n’est pas confortable, loin de là, mais je le vis aussi comme une recherche de plus grande cohérence et à ce titre je l’accepte volontiers et m’efforce de combler les écarts au fur et à mesure qu’ils m’apparaissent.
dans un contexte encore peu favorable
Les projets de cohabitat s’inscrivent malheureusement aujourd’hui encore dans un contexte peu favorable (même si cette affirmation est à pondérer en fonction du territoire sur lequel s’inscrit le projet : certaines régions et zones géographiques sont mieux loties que d’autres soit que le foncier y est plus accessible, soit que les autorités sont plus sensibles à ce que peut apporter à leur territoire un projet de cohabitat, soit tout simplement qu’il y existe déjà des réalisations et de nombreux projets...) : la flambée des prix de l’immobilier a porté dans de nombreuses régions terrains et bâtiments à des niveaux prohibitifs, l’accès aux prêts bancaires est aujourd’hui extrêmement difficile, ce type de démarches collectives n’est pas encore entré dans les moeurs et peut encore susciter la suspicion chez les élus, les voisins, les banquiers...
se préparer
Est-ce à dire que ça n’est pas possible? Evidemment, non. C’est possible bien sûr, mais c’est d’autant plus possible que l’on a conscience d’où on se situe, de ce dans quoi on s’engage, qu’on en accepte les difficultés et aléas et que l’on est prêt à se questionner et à adapter sa vision personnelle d’un habitat idéal à une vision collective.
Une préparation qui peut se faire en deux temps :
- un bilan personnel
- une étude de terrain






