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| Flynn Avenue Coop (Etats-Unis) |
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Burlington, Vermont
Le modèle coopératif existe également aux Etats-Unis. S'il est très développé dans le domaine du logement étudiant, il est assez marginal dans le cohousing, qui est un modèle de copropriété. Sauf, dans le Vermont et plus particulièrement à Burlington.
La ville compte ainsi à elle seule 5 coopérative d'habitat comprenant une petite centaine de logements pour 40.000 habitants (200.000 dans le comté). Renseignements pris, Burlington fait quand même figure d'exception, au moins pour le nombre important de coopératives de logement soutenues, voire mises en place par la ville. Il faut dire que la ville et l'Etat du Vermont sont un peu l'équivalent américain du village Gaulois d'Astérix.
Longtemps représenté au Congrès par Bernie Sanders, seul représentant socialiste (avant de se faire élire au Sénat sous l'étiquette "indépendant), l'Etat du Vermont est depuis les années 70 le refuge de tous les mouvements contestataires : hippes et activistes dans les années 70 et encore aujourd'hui néoruraux et New-Yorkais très politisés en quête d'une vie au grand air, dans cet Etat pour l'essentiel rural.
Le même Bernie Sanders a également été maire de Burlington (1981-1989) et a présidé sous ses mandats à la création en 1984 du Champlain Housing Trust (anciennement Burlington Community Land Trust et Lake Champlain Housing Development Corporation), association paramunicipale qui acquiert des terrains pour y construire des logements sociaux, accorde des prêts pour la construction de logement et apporte une assistance technique aux résidents dans la gestion de leur habitat. C'est le Champlain Housing Trust qui a ainsi permis le développement des coopératives d'habitation dans la ville. Il finance les opérations de construction et sélectionne es habitants sur des critères de revenus. Mais chaque coopérative est gérée par ses habitants qui ont un double statut de locataires et de coopérateurs et président à l'affectation des ressources dérivées des loyers. C'est sur ce modèle que fonctionne la Flynn Avenue Coop.
Flynn Avenue Coop est nichée non loin du centre ville sur le sommet d'une petite colline, un environnement verdoyant où sont installés 28 appartements du studio au T3, groupés dans de petites maisons de villes disposées autour de la pelouse centrale, que bordent à l'ouest le parking et au nord la Common House.
Spencer m'accueille dans son appartement qu'elle occupe seule. C'est un vaste T2, avec sur le devant un petit balcon qui à cette saison sert d'espace de stockage. Ecrivain, auteur de théâtre, elle dispose de revenus limités, ce qui lui a permis après une attente de quelques mois de se voir attribuer ce logement. Elle paye un loyer d'un millier de dollars, inférieur de 20% aux prix du marché à Burlington (les loyers et prix des terrains atteignent dans ce coin de Vermont des niveaux surprenants) et a du pour entrer dans la coopérative débourser 3000 dollars pour acquérir sa part. Si elle devait quitter les lieux, cette somme, augmentée d'intérêts (assez bas me dit-elle) lui serait remboursée.
En tant que coopératrice, Spencer s'est faite élire au Conseil d'Administration qui gère la maintenance du lieu. D'après elle l'état des appartements est meilleur du fait que la coopérative est gérée par les habitants. Personne ne rechigne jamais à investir dans la remise en état d'un appartement. Ici, Spencer ne veut pas parler de communauté, pas vraiment de repas en commun (pas de cuisine commune d'ailleurs), de temps à autre des événements organisés par et pour les habitants, mais pour l'essentiel ce qui fait ici la différence c'est l'autogestion. Un monde de différence pour Spencer qui, pour rien au monde, n'irait vivre ailleurs.




