Adapté du modèle Danois et importé aux Etats-Unis dans les années 80 par deux architectes, le cohousing est une forme d’habitat groupé en copropriété qui ambitionne de récréer un esprit villageois dans les relations de voisinage. Une volonté forte de rupture avec les conditions de vie moderne, qui fait le choix de faire avec le marché immobilier.
Le cohousing est une adaptation du modèle danois des boeffelkaber (communautés vivantes) créé à la fin des années 60 par l’architecte Jan Gudmand-Hoyer et importé aux Etats-Unis au début des années 80 par deux autres architectes, Kathryn McCamant et Charles Durrett , séduits par le concept. Ils en ont fait un livre, considéré aux Etats-Unis comme la bible du cohousing : « Cohousing, a contemporary approach to housing ourselves ».
Dans cette étude de huit boeffelkaber (dans les éditions suivantes seront ajoutées des études de cas de cohousings aux Etats-Unis), l’accent est d’emblée mis sur l’inadéquation du modèle de la maison individuelle (conçue pour la cellule familiale traditionnelle : couple marié avec deux enfants, femme au foyer) aux aspirations et modes de vie des enfants du flower power. Si cet argument n’est pas vraiment développé au-delà du constat de l’isolement croissant des ménages et les inconvénients qu’il présente pour l’éducation des enfants, il a, au Danemark comme au Etats-Unis, joué un rôle central dans le développement du cohabitat, autour de l’idée de la recréation d’un esprit villageois dans les relations de voisinage et de celle de l’autonomisation des habitants par rapport aux pouvoirs publics et aux promoteurs immobiliers. Peut-être est-ce simplement affaire de convictions, mais cette vision qui évacue un peu vite les notions de contrôle et de ségrégation sociale peut être questionnée. En particulier sous l’angle du lien qui existe entre ce modèle, qui fait de la sécurité l’un de ses arguments choc, et celui clairement ségrégationiste des Gated Communities (zone résidentielles fermées et dotées de polices privées pour habitants fortunés).
Les premiers cohousings voient le jour sur la côte Ouest, dans le Colorado (1987, Boulder Creek Community, Boulder ) puis en Californie (1991, 92, 93) avant d’arriver sur la côte Est, dans le Massachussets (1994, Pine Street et Pioneer Valley, Amherst, 1995, New View, Acton).
Aujourd’hui, selon la Cohousing Association of the United States (CoHo USA), on compte près de 120 cohabitats réalisés ou en voie de l’être. Et le mouvement semble s’accélérer depuis ces dernières années, avec un nombre important de projets en cours (94 selon les chiffres de CoHo USA). Ce qui me frappe, comme en Suisse, en Suède et au Danemark, c’est que le modèle du cohabitat rencontre un réel engouement un peu partout, ce qui tend à démontrer (si besoin était) sa pertinence, notamment aux financiers sceptiques.
Quelques statistiques
Les cohousings sont majoritairement urbains (40%) et péri-urbains (au total 57%), comptent en moyenne 24 logements et 51 résidents (à 58% des femmes, les enfants représentant 27% de la population des cohousings), pour une surface moyenne de 10 ha. Si 55% d’entre-eux ont vu le jour entre 1 à 5 ans après le lancement du projet, 7% ont mis plus de 10 ans à voir le jour.
Source : Annual Cohousing Census 2008, CoHo USA




